Dirons-nous bientôt au revoir au paludisme ?

mercredi 20 juillet 2016
par  admin
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Plus de trois milliards de personnes dans le monde sont exposées au risque de contracter le paludisme et 438 000 en sont mortes en 2015. Les 2/3 des décès concernent des enfants de moins de cinq ans. Les traitements combinés à base d’artémisinine (ACT) commencent à rencontrer une résistance du plasmodium, le parasite à l’origine du paludisme. Le plasmodium infeste l’homme via une piqûre de moustique femelle infecté, du genre Anopheles. Il gagne le foie par la circulation sanguine, s’y multiplie puis s’attaque aux globules rouges. Il provoque alors de la fièvre, des maux de tête, des vomissements et parfois la mort.

Depuis de nombreuses années la recherche tente de mettre au point un vaccin contre cette maladie. Dans ce but, les équipes de Salaheddine Mécheri et Robert Ménard (CNRS, Inserm, Institut Pasteur) se sont attaquées à la capacité du plasmodium à abolir la mémoire immunitaire du malade. Ils ont ciblé un gène du plasmodium qu’ils ont suspecté être à l’origine de cette perte de mémoire immunologique : c’est le gène codant pour la protéine HRF (Histamine Releasing Factor).

Ils ont créé des plasmodiums dépourvus de ce gène et les ont inoculés à des souris. Tous les rongeurs infestés par ces parasites modifiés ont développé une résistance au paludisme efficace pendant plus d’un an. Ils ont présenté dans le foie et la rate une forte production de cytokine IL-6, une protéine qui stimule la réponse immunitaire. Les chercheurs ont donc découvert le moyen de lever la tolérance immunitaire au paludisme chez la souris. C’est un très gros progrès vers le développement d’un vaccin contre cette maladie .

Si les essais chez l’homme s’avèrent positifs, les scientifiques disposeront du premier vaccin contre le paludisme. Salaheddine Mécheri est confiant : « Au cours de ces dernières années, on a pu constater la renaissance de la stratégie de vaccination contre le paludisme reposant sur l’utilisation des parasites vivants génétiquement atténués. De ce point de vue, le mutant HRF, grâce à son effet protecteur rapide, durable et polyvalent, constitue un prototype prometteur. »

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