Hausse des prix sur l’ensemble des marchés - Note de Conjoncture du Pôle Economie de l’IFIP (10/05/21)

lundi 10 mai 2021
par  Montariol
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La montée des cours à la production et sur le marché des pièces de découpe est continue et progressive en France en avril. En mars, des hausses avaient également été observées en sortie usine sur les prix des viandes fraîches, mais pas sur les produits élaborés.

Les perspectives de prix du porc en France pour les prochains mois sont celles d’une hausse. Après le repli observé de 17% au premier trimestre 2021 par rapport à 2020, les hausses des dernières semaines aboutiront selon nos prévisions à des prix plus élevés au second trimestre (+5% en 2021/2020). Le prix du porc au second semestre 2021 devrait également se situer à des niveaux notablement plus élevés qu’en 2020, +17% au 3° trimestre et +14% au 4° trimestre.

Marché du porc : hausse progressive des cours en France et stabilité en Europe

En avril, la France a fait l’exception en Europe. Le prix du porc en France n’a cessé de progresser durant le mois, jusqu’à dépasser le Danemark en dernière semaine d’avril. En moyenne mensuelle, le prix de base au MPB s’élève à 1,43 €/kg, +8,6 % par rapport au mois de mars. Le prix du porc classes S-E atteint 1,56€/kg en avril, encore en-deçà de l’an dernier (- 8,1 %). Toutefois en fin de mois (semaine 18), le prix du porc au Cadran s’élève au-dessus de la cotation observée un an plus tôt (+7 cts € en un an). Les abattages sont importants, et les poids de carcasse toujours en baisse. Dans le même temps, la demande est stable sur le marché intérieur, et les exportations se maintiennent.

A l’inverse du marché français, les cours européens ont marqué une pause en avril. L’Espagne reste en tête avec des prix très élevés par rapport aux autres références, près de 26 centimes au-dessus des prix danois et français. Les exportateurs espagnols continuent de répondre à une demande asiatique soutenue. Au nord de l’UE, les prix sont restés inchangés pendant plusieurs semaines, avant de repartir à la hausse au Danemark, et de se replier en Allemagne et aux Pays-Bas en fin de mois. La demande intra-UE reste stable durant le mois. Les marchés sont en attente du creux saisonnier de l’offre et d’une impulsion de la demande intérieure.

Une remontée des cours qui touche aussi le marché des pièces de découpe

Sous l’impulsion de la hausse du prix du porc à la production et d’une demande des industriels préparant la reprise estivale de consommation, les prix des pièces de découpe en France continuent leur remontée.

Les indices de prix FranceAgriMer confirment cette reprise des cours. Les 24 pièces suivies affichent des hausses de prix entre les mois de février et mars, en particulier les longes et les épaules. Les niveaux de prix restent pour l’instant inférieurs à l’an dernier, à l’exception de la poitrine/lardons et du chaudin (resp. +0,2% et +2,5% entre mars 2020 et 2021).

Cette remontée des prix se poursuivra en avril : l’indice du marché de Rungis augmente de 3,8% par rapport au mois de mars. La longe et l’épaule enregistrent les plus fortes hausses à Rungis (resp. +7,6% et +10,7% entre mars et avril).

La progression des prix des pièces de découpe se confirme aussi en Espagne et en Allemagne au cours du mois d’avril, mais de manière moins intense qu’au mois dernier. Les hausses de prix sont plus importantes en Espagne qu’en Allemagne, sous l’effet de la reprise de consommation intérieure et du maintien de l’export.

Des hausses de prix sortie usine en viandes fraîches mais pas en produits élaborés

Dans le prolongement des hausses de prix du porc et des pièces, les prix de vente industriels sortie usine des côtes et des rôtis repartent aussi à la hausse en mars avec respectivement +4,5% et +8,3% par rapport à février. En revanche, les prix sortie usine pour les charcuteries reculent dans leur ensemble (- 0,7 % en un mois). Dans le commerce de détail, les indices des prix du porc frais, des viandes salées, séchées, fumées et des autres préparations reculent légèrement, entre 0% et -2,2% selon les catégories de produits entre les mois de février et mars.

Monde : situations contrastées avec une aggravation de l’état sanitaire des élevages chinois

En Chine, la situation sanitaire dans les élevages s’est aggravée et des restrictions de mouvements des porcs ont été instaurées. Cet hiver, le pays a connu une recrudescence de diverses épidémies (FPA, DEP, SDRP) qui ont donné un important coup de frein au repeuplement des cheptels et à la reprise de la production. En lien avec cette aggravation des conditions sanitaires, les importations chinoises atteignent près de 929 Mt en deux mois, un niveau bien supérieur aux deux années précédentes (+10,4% par rapport au cumul des mois de janvier et février 2020). Le pays réalise certainement des stockages préventifs de produits importés.

Pour lutter contre les problèmes sanitaires, le gouvernement a divisé le pays en 5 régions. Le transport des animaux vivants (porcs, bovins et volailles) entre ces zones est interdit et celui de viande congelée est fortement encouragé. Cette situation devrait entrainer d’importantes différences de prix et de rentabilité des élevages d’une région à l’autre. Par ailleurs, la hausse du prix de l’alimentation animale pousse les éleveurs à réduire leur activité et à abattre leurs porcs.

Aux Etats-Unis, les cours du porc poursuivent leur envolée (+82,3% par rapport à avril 2020). L’offre américaine a fortement reculé. En 2020, davantage de truies ont été abattues sous l’effet de la Covid-19 au printemps, d’une dégradation de l’état sanitaire de certains élevages (DEP, SDRP) à l’automne, et de la hausse du prix des matières premières cet hiver. La demande est forte avec la reprise des circuits de distribution liés à la restauration hors domicile. Au Brésil, les exportations ne compensent pas totalement la chute de la consommation due à la crise de la Covid-19 et les prix se replient (-1,4% en un mois).

Perspectives de prix (analyse avril 2021)

En avril 2021, des prévisions de production porcine et de prix du porc et de l’aliment ont été réalisées, avec le concours financier d’Inaporc. Les hypothèses retenues prennent en compte des éléments structurels du marché (cheptel, évolution de la production, tendances de consommation), et conjoncturels (crise du COVID-19, présence de la FPA en Allemagne, évolution de la demande des marchés asiatiques). La synthèse Baromètre Porc du mois de mai 2021 détaille les différentes hypothèses retenues dans cette analyse de prévision.

En 2021, la production européenne devrait rester stable mais avec des situations contrastées selon les pays : croissance en Espagne et au Danemark, régression en Allemagne et aux Pays-Bas. La demande internationale, en particulier en provenance des marchés d’Asie de l’Est, devrait s’intensifier. Les exportations européennes vers les marchés tiers s’élèveraient de 14,5% en 2021 par rapport à2020, avec un fort dynamisme sur le premier semestre compte tenu de la dégradation des conditions sanitaires dans les élevages chinois mais aussi philippins, vietnamiens, etc.

Selon ces éléments de marché, les cours du porc devraient progressivement augmenter par rapport à 2020, et en particulier à partir du 2nd semestre. En France, le prix du porc classes S-E (> 55 % de taux de muscle) s’établirait à 1,63 €/kg en moyenne annuelle, un niveau supérieur à 2020. La hausse devrait être significative aux 3e et 4e trimestres (resp. + 17 % et + 14 % en 21/20).

La prévision du prix du porc en France reste dépendante de la maitrise des épidémies de la Covid-19 en Europe et dans le monde, et de la FPA en Allemagne. Nos hypothèses sont celles d’une non propagation de la FPA au-delà de la zone actuellement infectée, à l’est de l’Allemagne

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