Enjeux environnementaux : l'eau, les sols

vendredi 28 mai 2021
par  Anonyme
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environnement Transition agroécologique sol Varenne de l’eau <https://agriculture.gouv.fr/sites/m...> Cheick Saidou / agriculture.gouv.fr

Les exploitants agricoles sont des acteurs de premier plan pour la préservation et la reconquête des ressources en eau, tant en qualité qu’en quantité, ainsi que pour la préservation des sols et leur rôle dans le stockage de carbone. L’activité agricole est également concernée par les préoccupations relatives à la qualité de l’air.

La gestion complexe de ces questions nécessite une approche intégrée de l’ensemble des enjeux environnementaux liés aux cycles et aux mécanismes de transfert des différents intrants, pour l’ensemble des trois compartiments eau - air - sols et à des échelles d’actions variées (parcelle, exploitation, groupe d’exploitations, aire d’alimentation de captage, grand bassin versant, territoire national voire interactions transfrontalières, en particulier en matière de qualité de l’air).

Gestion des éléments nutritifs

L’azote, un des quatre éléments chimiques principaux constitutifs de la matière vivante, est une matière première indispensable à l’activité agricole (fertilisation, alimentation animale...).

Toutefois, sous ses formes réactives (ammonium, nitrates, nitrites, ammoniac,...), et dans certaines conditions, l’azote peut être source de pollution.

La prévention des pollutions diffuses par les nitrates d’origine agricole est encadrée par la réglementation « Nitrates ». Celle-ci se décline de manière différenciée selon les zones. Dans les zones vulnérables, qui représentent en 2020 68 % de la surface agricole utile (SAU) nationale, les agriculteurs doivent respecter des mesures définies au sein d’un programme d’actions national, déclinées voire renforcées au regard des contextes régionaux au sein des programmes d’actions régionaux. Ces mesures portent sur des capacités de stockage des effluents dimensionnées pour une utilisation agronomique de la matière, un raisonnement agronomique de la dose à apporter (équilibre de la fertilisation), des exigences de planification et de traçabilité des pratiques de fertilisation, un plafonnement des doses, des périodes d’interdiction d’épandage, des conditions particulières d’épandage à respecter, des bandes végétalisées le long des cours d’eau et des obligations de couverture des sols. Dans les zones non vulnérables, les agriculteurs suivent, de manière volontaire, un code de bonnes pratiques agricoles. Un certain nombre de ces mesures, favorables à la qualité de l’eau, le sont également pour la qualité de l’air, en particulier toutes celles relatives au raisonnement agronomique de la fertilisation.

Les activités agricoles sont par ailleurs ciblées par le plan d’action national de réduction des émissions de polluants atmosphériques. Ce plan s’est concrétisé par la publication en 2019 par l’ADEME d’un guide de bonnes pratiques agricoles pour l’amélioration de la qualité de l’air largement diffusé auprès des professionnels agricoles qui recense l’ensemble des pratiques permettant de réduire les émissions d’ammoniac en particulier, au niveau du bâtiment d’élevage, du stockage et de l’épandage. Un plan d’actions pour assurer l’utilisation de matériels d’épandage moins émissifs a été adopté début 2021.

Afin d’appréhender de manière intégrée les différents enjeux liés à la gestion des éléments nutritifs et leurs conséquences sur les milieux, les ministères en charge de l’agriculture et de l’environnement ont rénové en 2018 les instances d’appui à l’élaboration, à la mise en œuvre et à l’évaluation de la politique publique en installant le GENEM « Gestion des éléments nutritifs et émissions vers le milieux » composé d’un groupe de concertation et d’un comité scientifique et technique.

Gestion quantitative de l’eau

Les pluies assurent à la France un approvisionnement en eau globalement suffisant. Toutefois, l’agriculture est l’un des secteurs particulièrement exposés au changement climatique et à la récurrence des sécheresses. Réduire sa vulnérabilité de manière durable, dans une gestion raisonnée et partagée de la ressource avec l’ensemble des usages, oblige à considérer tout l’éventail des solutions possibles.

La résilience de l’agriculture passe par une transformation en profondeur des pratiques agricoles, dans le cadre de la transition agroécologique. Au-delà des leviers sur la demande en eau, de nouvelles ressources doivent également pouvoir être mobilisées dans le respect de la fonctionnalité des écosystèmes aquatiques. Répondre à ces enjeux suppose de prendre en compte les attentes de l’ensemble des usages sur les territoires. Afin de favoriser l’émergence dans l’ensemble des territoires de solutions adaptées aux besoins et aux contextes locaux, le MAA incite les acteurs à s’inscrire dans la démarche de projet de territoire pour la gestion de l’eau .

Si les pluies sont globalement excédentaires sur le territoire au regard des différents besoins en eau, leur répartition dans l’espace et dans le temps peut conduire à des situations de pénurie conjoncturelle, voire structurelle. Les sécheresses à répétition des dernières années, notamment sur la moitié nord du territoire jusque-là relativement épargnée, ont mis en lumière la vulnérabilité de l’agriculture face aux effets du changement climatique. L’agriculture, principale consommatrice d’eau en période d’étiage, se retrouve bien souvent au centre des enjeux autour du partage de la ressource en eau. L’irrigation, et la mobilisation possible de nouvelles ressources, font partie des solutions pour garantir la durabilité économique des territoires. Toutefois, cette réflexion sur l’offre ne peut s’inscrire que dans une approche globale prenant en compte non seulement les besoins des autres usages, et notamment celui des milieux, mais nécessitant aussi une transformation en profondeur de l’agriculture. Cette adaptation passe nécessairement par des actions de sobriété et de transition agro-écologiques des exploitations, portant entre autres sur le pilotage de l’irrigation, le choix des espèces variétales ou encore la gestion des sols.

Eau et production alimentaire

Combien faut-il d’eau pour produire 1 kg de farine ? Réponse : environ 500 litres. Ce rapport de 1 à 500 montre le rôle fondamental de l’eau pour assurer la sécurité alimentaire.

Pour produire les 300 g de farine entrant dans la composition des trois repas quotidiens d’une personne (pain, pâtes, céréales, gâteaux), les plantes ont absorbé 150 litres d’eau, soit autant que la consommation journalière de cette personne pour la boisson, la cuisine, la toilette, la lessive

Les apports moyens par la pluie qui représentent 750 mm par an soit 750 litres par m² seraient suffisants pour produire 10 tonnes de matière sèche à l’hectare si la pluie coïncidait toujours avec les besoins en eau des plantes. Mais ce n’est malheureusement jamais le cas, notamment dans les régions du Sud de la France qui connaissent des étés très secs.

Les prélèvements d’eau douce pour irriguer les surfaces cultivées doivent être compatibles avec les autres utilisations des ressources. Or, celles-ci sont limitées et vulnérables. La satisfaction de tous les besoins passe donc par une meilleure utilisation des eaux disponibles. Afin d’optimiser cette utilisation, les méthodes d’irrigation doivent être ajustées aux besoins des plantes.

Pour en savoir plus Ministère de la transition écologique Agricultures européennes à l’horizon 2050 : Restitution de l’étude INRAE Rapport « Changement climatique, eau, agriculture - Quelles trajectoires d’ici 2050 ? » CGEDD et CGAAER de juillet 2020

Protection des captages contre les pollutions diffuses

La protection des captages en eau potable contre les pollutions diffuses

La politique de protection des captages contre les pollutions diffuses vise à restaurer la qualité de la ressource en eau utilisée pour la protection d’eau potable. Cette politique interroge l’agriculture dans sa relation à l’eau et mobilise différentes approches et outils des politiques agro-environnementales : démarches territoriales, outils de la PAC, recherche de la double performance économique et environnementale en agriculture, mobilisation de la profession agricole.

Au début des années 2000, suite notamment à l’adoption de la Directive européenne cadre sur l’eau, une prise de conscience de la nécessité de préserver les captages d’eau potable contre les pollutions diffuses a émergé. En effet, si l’eau distribuée dans les réseaux d’eau potable est de bonne qualité, la qualité de la ressource en eau brute est dégradée par endroits par les nitrates et pesticides et les traitements peuvent s’avérer coûteux.

Le Grenelle de l’environnement puis les conférences environnementales de 2013 et 2016 ont affirmé l’importance de protéger les captages les plus menacés. 500 captages dans un premier temps, puis 1000 captages au total ont ainsi été identifiés comme prioritaires à protéger. Ces captages prioritaires sont identifiés dans les schémas directeurs d’aménagement et de gestion des eaux (SDAGE) . Les Assises de l’Eau de 2019 ont réaffirmé l’ambition de protection des captages pour garantir une eau de qualité à la source.

La démarche de protection repose sur la réalisation d’un diagnostic territorial puis l’élaboration d’un plan d’action territorial concerté, sous l’égide des collectivités propriétaires des ouvrages. Cette approche permet de définir avec les acteurs locaux les actions à mettre en œuvre, en fonction des enjeux et opportunités de chaque territoire. Dans certains cas, un outil réglementaire, le dispositif des zones soumises à contraintes environnementales, peut être mobilisé.

Afin d’améliorer l’efficacité des démarches de protection des captages, un centre de ressources captages, hébergé par l’Office français pour la biodiversité, a été mis en place en 2017. Son objectif est de renforcer les compétences des acteurs impliqués. Captages prioritaires (Ministère de la Transition Ecologique et Solidaire) Portail internet animé par le centre de ressources captages Site du groupe technique sur les zones tampons

Pratiques économes en produits phytosanitaires

La réduction de l’usage des produits phytopharmaceutiques constitue une attente citoyenne forte et une nécessité pour préserver notre santé et la biodiversité. Le plan Écophyto II+ matérialise les engagements pris par le Gouvernement et apporte une nouvelle impulsion pour atteindre l’objectif de réduire les usages de produits phytopharmaceutiques de 50% d’ici 2025 et de sortir du glyphosate d’ici fin 2020 pour les principaux usages et au plus tard d’ici 2022 pour l’ensemble des usages.

Pour aller plus loin :

Le plan Écophyto, qu’est-ce que c’est ?