Les zones humides, atout pour la biodiversité, l'eau et les territoires

jeudi 19 août 2021
par  juliette.joo
popularité : 18%

biodiversité qualité de l’eau territoire gestion de l’eau changement climatique <https://agriculture.gouv.fr/sites/m...> Xavier Remongin / agriculture.gouv.fr Tout comme les rivières, fleuves et milieux littoraux, les zones humides abritent une biodiversité riche et jouent un rôle majeur dans la réduction de l’impact du réchauffement climatique, car elles permettent de retenir l’eau, limitant ainsi les crues et sécheresses.

Entre métropole et outre-mer, on compte 42 zones humides qui couvrent une superficie d’environ 3,51 millions d’hectares (ha). La réserve naturelle de Camargue, avec 85 000 ha, est la plus grande zone humide de France en surface. La baie de Somme avec 17 000 ha de littoral et de marais abrite le parc du Marquenterre qui sert depuis 40 ans de refuge à des milliers d’oiseaux migrateurs. Le Val de Loire, paysage culturel façonné par des siècles d’histoire entre le fleuve, les terres qu’il irrigue et les populations, a été inscrit au patrimoine mondial des paysages culturels de l’Unesco en 2000.

Sous la pression de l’urbanisation et de l’artificialisation des terres, on estime à 67% le pourcentage de zones humides disparues depuis le début du XXe siècle, dont la moitié entre 1960 et 1990. Les connaissances scientifiques permettent aujourd’hui de mieux comprendre le rôle de ces écosystèmes aquatiques et l’importance de les protéger et de les restaurer.

Un rôle majeur pour la biodiversité

On distingue trois types de zones humides à l’intérieur des terres : les marais, mares naturelles, tourbières, prairies, landes et forêts humides ; les milieux humides composés d’eau salée ou saumâtre que l’on trouve dans les estuaires, lagunes, étangs d’arrière-dunes, vasières, mangroves ; les milieux humides aménagés par l’Homme.

Ces espaces sont porteurs d’une biodiversité riche avec d’innombrables espèces de plantes et d’animaux – oiseaux, amphibiens, poissons, insectes ou mollusques… En France métropolitaine, un tiers des 277 espèces connues d’oiseaux nicheurs dépend des zones humides.

Des réservoirs naturels pour stocker l’eau...

Les zones humides constituent un moyen reconnu pour maintenir le bon état écologique des eaux et mieux gérer les crues. Elles favorisent le stockage de l’eau dans les nappes phréatiques, soutiennent les débits des cours d’eau et disposent d’une fonction d’épuration importante qui agit comme des filtres naturels pour l’eau. Par ailleurs, elles protègent les berges, les rivages de l’érosion, et les côtes des tempêtes.

... et atténuer les effets du changement climatique

Lors des fortes chaleurs estivales, les zones humides sont des îlots de fraîcheur pour les animaux et les populations, et permettent également de subvenir aux besoins en fourrage des troupeaux. Enfin, elles contribuent fortement à réduire les émissions de gaz à effet de serre. En effet, la tourbe (matière organique composée de débris végétaux), l’humus, le bois et autres composantes naturelles des zones humides piègent le carbone. À l’échelle mondiale, les sols des zones humides stockent deux fois plus de carbone que l’ensemble des forêts de la planète.

Un atout pour le développement économique des territoires

Agriculture, pêche, marais salants ou tourisme, les zones humides participent à l’identité des territoires et contribuent à l’économie locale.

Elles représentent également une part importante de l’alimentation mondiale à travers la pêche et l’agriculture. Le riz produit dans les rizières alimente 3 milliards de personnes.

L’action de l’État en faveur des zones humides Le code de l’environnement instaure et définit l’objectif d’une gestion équilibrée de la ressource en eau (Art. L.211-1 du code de l’environnement ) et vise la préservation des zones humides. Il affirme le principe selon lequel la préservation et la gestion durable des zones humides sont d’intérêt général. Depuis 2014, le Plan national d’actions en faveur des zones humides souligne l’engagement de l’État et de ses partenaires à intégrer la préservation de ces milieux dans l’ensemble des politiques publiques, les politiques relatives à l’eau et à la biodiversité, mais aussi à l’agriculture, à l’urbanisme ou à la prévention des risques naturels.