Comment agir pour prévenir la peste porcine africaine ?

mardi 9 novembre 2021
par  laura.lourdas
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peste porcine santé animale Les experts Alim’Agri <https://agriculture.gouv.fr/sites/m...>

La peste porcine africaine (PPA) est une maladie animale due à un virus qui touche exclusivement les porcs domestiques et les sangliers. Présente historiquement en Afrique, elle s’est propagée en Asie, en Europe de l’Est en Allemagne et récemment dans la Caraïbe. Son introduction en France pourrait avoir des conséquences socio-économiques et sanitaires graves pour la filière porcine. Notre experte, Claire Le Bigot, sous-directrice de la santé et protection animales, nous présente les mesures mises en place par les pouvoirs publics pour prévenir l’introduction de cette maladie sur le sol français.

Qu’est-ce que la peste porcine africaine ?

Claire Le Bigot : La peste porcine africaine est une maladie virale qui affecte les porcs et les sangliers mais qui ne touche pas l’Homme. C’est une maladie qui se transmet par les animaux, par les cadavres, par les équipements infectés, mais aussi par les denrées alimentaires issues d’animaux infectés. Lorsque les élevages sont atteints, nous n’avons ni traitement, ni vaccin. La seule solution que nous ayons, c’est d’abattre les animaux. Et lorsque la faune sauvage est atteinte, il faut à ce moment-là protéger les élevages.

Que fait l’État pour maintenir le territoire indemne ?

Claire Le Bigot : Cette maladie est actuellement présente en Asie où c’est un véritable fléau ; elle est présente également en Europe de l’Est et très récemment en Allemagne. Lorsqu’elle est arrivée en Belgique en septembre 2018, nous avons mis en place des actions d’envergure, qui consistaient à faire baisser la circulation de sangliers en créant une zone blanche, un véritable cordon sanitaire le long de la frontière franco-belge, au niveau des Ardennes, de la Meuse et de la Meurthe-et-Moselle, avec la construction de plus de 130 kilomètres de clôtures.

Nous avons protégé les élevages, nous avons surveillé les sangliers et nous avons également sensibilisé les chasseurs, les éleveurs, l’ensemble de la filière et les particuliers.

Tout cela a permis de protéger le statut indemne de la France, ce qui a permis de conserver le commerce de la filière porcine et la vitalité de ses exportations.

Cela a été possible grâce à la mobilisation d’un grand nombre d’acteurs : bien évidemment, les agents du ministère de l’Agriculture, au niveau local et au niveau national, mais également les chasseurs, l’ensemble de la filière porcine et les agents de l’Office national français de la biodiversité et de l’Office national des forêts

2019 a aussi été l’occasion de former plus de 1 000 agents du ministère de l’Agriculture et de faire des exercices grandeur nature. Cela a été aussi l’occasion de lancer un grand plan de prévention avec la mise en œuvre de mesures de biosécurité tout au long de la filière. Depuis l’élevage, le transport, jusqu’à l’abattoir. C’est par exemple la mise en place de clôtures tout autour des élevages ou de stations de nettoyage-désinfection pour nettoyer et désinfecter les moyens de transport.

Et parce que le risque concerne l’ensemble de la France, il convient de protéger l’ensemble des élevages, quel que soit le mode d’élevage. La situation en Allemagne est inquiétante. Il est nécessaire d’être extrêmement vigilant pour que tout ce que nous ayons fait depuis deux ans n’ait pas servi à rien.

Aussi, aux éleveurs de porcs et de sangliers, je demande de protéger vos élevages. Aux transporteurs, je demande de nettoyer vos moyens de transports, et parce que la maladie se transmet également par des denrées alimentaires, je demande aux voyageurs de ne pas ramener de produits alimentaires à base de porc depuis vos voyages à l’étranger.