Maladies animales : la brucellose

mercredi 10 novembre 2021
par  Anonyme
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santé animale zoonose élevage produit laitier <https://agriculture.gouv.fr/sites/m...> Pascal Xicluna / agriculture.gouv.fr La brucellose est une maladie infectieuse commune à de nombreuses espèces animales et à l’Homme, due à une bactérie du genre Brucella.

Actualités : 1 foyer de brucellose en 2021

Un foyer de brucellose bovine a été confirmé en 2021 sur le territoire français, alors qu’aucun cas n’avait été rapporté depuis 2012.

Ce foyer est confirmé dans une exploitation laitière de Haute-Savoie suite à un diagnostic conduit après contrôle sur le lait du troupeau. Les enquêtes épidémiologiques sont en cours.

Situation actuelle

La France bénéficie du statut « officiellement indemne » de brucellose bovine depuis 2005 pour la brucellose des ovins et caprins depuis 2021, conformément à la réglementation européenne.

Il n’y a plus de cas chez les ruminants depuis 2003 sauf dans le département de la Haute-Savoie en 2012 (2 foyers) et en 2021 (1 foyer).

Description de la maladie

La brucellose est une maladie infectieuse commune à de nombreuses espèces animales et à l’Homme ; elle touche notamment les bovins, les porcs, les ovins et les caprins, les équidés, les camélidés et les chiens. Elle peut également atteindre d’autres ruminants, certains mammifères marins et l’Homme.

Elle est due à des bactéries de différents biovars appartenant au genre Brucella.

C’est à la fois une zoonose grave pour l’Homme à déclaration obligatoire (maladie se transmettant de l’animal à l’Homme lors de la manipulation de matériel contaminé ou par contact avec des animaux contaminés) et une maladie très contagieuse pour les animaux d’élevage avec un impact économique important (pertes de production et entraves aux échanges commerciaux). En effet, la brucellose fait partie des maladies soumises à certification pour les échanges d’animaux vivants, et l’exportation des animaux vivants et leurs produits. La perte de statut indemne entraîne des tests préalables aux échanges intracommunautaires pour les animaux vivants, et potentiellement la perte de marchés à l’exportation pour les animaux vivants.

Chez les animaux, les symptômes sont souvent discrets. Cependant, elle donne lieu à des avortements ou à un échec de la reproduction. L’avortement peut survenir quelques semaines (une femelle infectée pendant la gestation peut avorter au bout de 3 à 6 semaines voire poursuivre sa gestation jusqu’au terme) à plusieurs mois (ou années) après l’infection. Généralement, les animaux guérissent et réussiront à donner naissance à une descendance vivante après un premier avortement, mais les animaux peuvent continuer à excréter la bactérie et donc à la transmettre.

Chez les animaux, les Brucella se concentrent préférentiellement dans les organes génitaux. Après contamination, un bovin peut être porteur de la bactérie, sans symptômes et sans réaction immunitaire, les brucelles pouvant rester jusqu’à plusieurs années dans les ganglions de l’animal.

L’infection persiste toutefois jusqu’à l’âge adulte chez environ 5 à 10% des veaux nés de mère brucellique, sans susciter de réaction sérologique décelable. Les signes cliniques (avortement éventuel) et la réaction sérologique n’apparaîtront, chez les jeunes femelles infectées, qu’à la faveur de la première gestation, voire plus tard.

La contamination de l’environnement (locaux d’élevage, pâturages…) et la conservation de jeunes femelles nées de mère infectée (5 à 10% hébergent des brucelles) sont à l’origine d’une résurgence de la maladie dans les cheptels assainis.

Puis, la brucellose se propage généralement au moment de la reproduction et lors de l’avortement ou de la mise bas ; on trouve des concentrations élevées de bactéries dans les produits d’avortements et les eaux fœtales provenant d’un animal infecté. Les bactéries peuvent survivre pendant plusieurs mois hors de l’organisme de l’animal, dans le milieu extérieur, en particulier dans des conditions froides et humides. Ces bactéries dans l’environnement restent une source d’infection pour les autres animaux qui s’infectent par contact proche (voie respiratoire ou conjonctivale voire par ingestion).

Les bactéries peuvent aussi coloniser le pis et contaminer le lait.

L’Homme se contamine alors principalement par ingestion de lait cru ou de produits laitiers contaminés mais également par contact étroit (voie respiratoire ou conjonctivale) avec un bovin malade essentiellement dans le cadre professionnel.

La plupart des biovars des espèces de Brucella peuvent être à l’origine d’une contamination humaine. Une vigilance particulière est réalisée vis-à-vis de B.abortus et B. melitensis.

Prévention de la maladie

Pour les animaux domestiques, la brucellose est surveillée et réglementée chez les bovins, ovins, caprins et porcins et fait l’objet de notifications nationale, à la Commission européenne et à l’Organisation mondiale de la santé animale (OIE).

Tout signe clinique évocateur notamment des avortements doit faire l’objet d’investigations complémentaires pour rechercher systématiquement la bactérie.

Les élevages de bovins, ovins et caprins sont régulièrement contrôlés par des dépistages sérologiques et le sont annuellement pour les élevages fabriquant des produits au lait cru.

L’éradication de la maladie en France est le fruit d’une longue lutte menée depuis les années 60 dans les élevages de ruminants. Désormais, en cas de confirmation de brucellose, tous les animaux sensibles à la maladie dans un troupeau reconnu infecté sont abattus, les produits détruits.

La vaccination des animaux contre la brucellose est interdite en France car elle fausse le dépistage par sérodiagnostic. Le traitement est interdit car il pourrait conférer une résistance chez les animaux sans éliminer l’excrétion de la bactérie.

Pour la faune sauvage, une surveillance spécifique est mise en place dans le massif du Bargy, suspectée à l’origine des foyers en élevage de bovins en 2012 et 2021. Synthèse des mesures pour les ruminants

Mesures de prévention : hygiène générale des élevages liées à la brucellose : dépistages réguliers obligatoires des animaux (sur sang ou sur le lait) surveillance des avortements dans les élevages formation et information des salariés sur les risques liés à la brucellose

Mesures de lutte :

La brucellose appartient au groupe des maladies de catégorie B et est réglementée par le Code rural et par arrêtés ministériels : Lors de suspicion : Mise sous surveillance du cheptel (animaux, bâtiments, lait et produits laitiers…) Séquestration et isolement des animaux malades, Interdiction de la vente du lait cru ou du fromage frais de ces exploitations. Lors de confirmation : Abattage de tous les animaux du troupeau contaminé : en raison de la forte contagiosité de la maladie, de la durée d’incubation longue et de la difficulté méthodologique (voire impossibilité) de dépister les animaux contaminés au sein d’un troupeau, seul l’abattage total permet de garantir l’assainissement d’un élevage ; Destruction ou traitements thermiques des produits ; Désinfection des locaux et des effluents contaminés.

Pour en savoir plus :

Consulter le site de la Plateforme d’épidémiosurveillance en santé animale Consulter le site de l’OIE