Le bois augmenté, matériau du XXIe siècle ?

vendredi 17 juin 2022
par  Anonyme
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filière bois bioéconomie projet innovant innovation carbone <https://agriculture.gouv.fr/sites/m...> Woodoo

L’entreprise Woodoo développe des biomatériaux de pointe pour les secteurs de la consommation, de la mobilité et du bâtiment. Son activité est de concevoir et réaliser de nouveaux matériaux bas-carbone et de haute performance sur le marché, en particulier de réinventer le bois pour en faire le matériau le plus performant, le plus écologique et renouvelable du XXIe siècle.

Les propriétés insoupçonnées du « bois augmenté »

D’une résistance mécanique de 3 à 4 fois supérieure au bois naturel, il devient aussi solide que le béton et l’acier.

« Le bois Woodoo est 23 fois supérieur en rigidité au béton », précise Timothée Boitouzet. Un bois devenu pratiquement ininflammable avec une plus forte résistance au feu. Il est de plus désormais imputrescible et devient translucide.

Avec ses nouvelles propriétés physiques, le bois Woodoo s’ouvre à de nouvelles fonctionnalités.

Sa solidité permet de produire des parois très minces pouvant servir à des commandes tactiles résistives (avec de légères pression de doigts) ou capacitives comme celles de nos smartphones. Très mince, il laisse passer la lumière. Ses qualités optiques permettent aussi son utilisation pour des panneaux lumineux.

Dans le domaine des applications électroniques et domotiques, le bois Woodoo permet de capter les mouvements et d’interagir avec des faisceaux lumineux pour déclencher les commandes (éteindre ou allumer un appareil, augmenter ou diminuer le volume du son…).

Parmi les applications : les tableaux de bord des automobiles, le mobilier design, l’optique ou l’horlogerie.

Construire des bâtiments en bois augmenté

L’avenir proche du bois Woodoo se tourne vers la construction. « On va faire des matériaux de construction avec cette technologie pour créer des bâtiments bas-carbone en « bois augmenté » qui permettront de monter plus haut que les bâtiments en bois naturel qui ne dépassent pas une vingtaine d’étages », précise Timothée Boitouzet, architecte de formation.

Les nouvelles propriétés physiques du bois Woodoo permettent en effet d’envisager de le substituer aux matériaux de construction actuellement en cours, comme le béton et l’acier ou l’aluminium. C’est là que se fait jour l’un des atouts majeurs du « bois augmenté » : sa dimension environnementale.

... et engagés dans la transition énergétique

Propriétés physiques, optiques, esthétiques nouvelles, le matériau Woodoo peut aussi se prévaloir de performances environnementales face aux matériaux traditionnels utilisés dans la construction (béton, acier, verre...) à l’origine d’une part substantielle des émissions de CO2.

Le secteur du bâtiment et de la construction a généré 39% des émissions de CO2 en 2018. Le ciment représente au plan mondial la 3e plus importante source d’émissions de CO2.

Le bois Woodoo est quant à lui 17 fois moins énergivore que le verre, 130 fois moins que l’acier et 475 fois moins que l’aluminium. « 1 m³ de béton va dégager presque 900 kg de CO2 quand 1 m³ de bois Woodoo va au contraire capter 650 kilogrammes de CO2 », précise Olivier Grange, directeur marketing et communication chez Woodoo.

Utiliser des bois qui captent rapidement le carbone

Avec Woodoo, pas besoin de bois exotiques ou de bois précieux comme l’ébène, l’acajou, l’amarante ou le chêne. L’opération de transformation du bois par Woodoo peut s’appliquer à des bois à croissance rapide dits de « faible constitution » comme le hêtre, le charme, le pin maritime ou encore le peuplier habituellement utilisés comme combustibles ou pour faire de la pâte à papier.

Ces bois à croissance rapide ont pour avantage de capter plus rapidement le CO2. Ils sont aussi économiquement moins chers. De plus, la France dispose d’un gigantesque gisement de 2,6 milliards de mètres cubes, en grande partie inexploité.

L’utilisation prioritaire par Woodoo de ces bois de « faible constitution » devient un levier important dans la gestion des forêts françaises (replantation régulière, optimisation de l’utilisation du bois...) et le rôle que jouent ces « poumons verts » dans l’équilibre climatique.