Le nettoyage-désinfection n’augmente pas la sensibilité des salmonelles aux biocides et aux antibiotiques en abattoir

lundi 25 février 2019
par  Claire BENES
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Une étude menée par l’Anses et l’Ifip ne montre pas de modification de la résistance de Salmonella aux antibiotiques et aux biocides suite aux procédures de nettoyage / désinfection d’un abattoir de porcs.

En 2017, l’Unité AB2R (Antibiotiques, biocides, résidus et résistance) de l’Anses de Ploufragan et l’Ifip ont mené une étude qui visait à déterminer si un traitement désinfectant appliqué en abattoir pouvait moduler l’écologie bactérienne et conduire à la sélection de Salmonella résistantes à des antibiotiques.

Salmonella a été recherchée au niveau de 6 sites le long d’une chaîne d’abattage de porcs avant et après les procédures de nettoyage et désinfection. Quatre campagnes de prélèvements ont été réalisées entre mars et mai 2017. Les isolats ont été sérotypés, pulsotypés et caractérisés par leur phénotype de sensibilité aux antibiotiques. Les communautés bactériennes ont été caractérisées par séquençage de l’ADNr-16S.

Cinq sérotypes ont été identifiés : S.4,5,12:i :- (50%), Rissen (16%), Typhimurium (16%), Infantis (10%) et Derby (8%). Seize groupes clonaux ont été identifiés. Certaines souches de Salmonella étaient identifiées de manière récurrente au niveau du même site de prélèvement malgré les procédures de nettoyage et désinfection. Environ 70% des souches de Salmonella isolées présentaient une résistance à l’ampicilline et au sulfamethoxazole, 80% à la tétracycline et 10% au chloramphénicol. Les procédures de nettoyage et désinfection ne conduisaient pas à une modification des sensibilités de Salmonella vis-à-vis des antibiotiques et des biocides utilisés dans cet abattoir.

Les analyses de diversité bactérienne ont montré que la composition des populations était globalement stable dans le temps à un site de prélèvement donné. Les populations bactériennes des surfaces prélevées semblaient donc être résidentes. Elles étaient dominées par la famille des Moraxellaceae (genres Psychrobacter, Moraxella, Enhydrobacter et Acinetobacter). Les procédures de nettoyage et désinfection tendaient à réduire la diversité bactérienne en éliminant les espèces minoritaires uniquement. La composition des espèces majoritaires restait inchangée.

Cette étude a été financée par le ministère de l’Agriculture et de l’alimentation (Plan Ecoantibio 2017).

Contact : carole.feurer@ifip.asso.fr

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