Pourquoi le poisson zèbre est un si bon modèle de recherche

lundi 7 novembre 2016
par  admin
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Ce 4 novembre, une nouvelle recherche sur le poisson zèbre a défrayé la chronique et suscité de nouveaux espoirs. Des scientifiques de l’Université de Duke, aux Etats-Unis, ont ainsi découvert comment le poisson zèbre (aussi appelé zebrafish ou Danio rerio, son nom scientifique) était capable en quelques sortes de “réparer” sa moelle épinière. Ils ont en effet réussi à isoler un facteur de croissance (appelé ctgfa) qui agit comme un pont entre les neurones pour réparer la zone lésée de la moelle épinière. Chez l’Homme, ce facteur existe aussi, pourtant nous sommes incapables de réparer une lésion de notre moelle. L’étude du mécanisme en question chez le poisson zèbre pourrait bien nous aider à comprendre “ce qui cloche” chez l’homme, et peut-être à mettre au point, à terme, un médicament.

Un poisson qui a beaucoup à nous apprendre

Si le poisson zèbre peut sembler très loin de l’Homme à première vue, cela ne l’a pas empêché de devenir en quelques années une “star” des laboratoires. Selon les statistiques du National Institute of Health rendues publiques en août dernier, le nombre de bourses attribuées à des recherches menées sur le poisson zèbre a augmenté de près de 60% entre 2008 et 2015. Et cet engouement ne cesse d’augmenter. Il y a bien-sûr des avantages “évidents” à utiliser ce petit poisson en recherche : il prend peu de place, ne coûte pas cher, est facile et rapide à élever, devient adulte en moins de trois mois, se reproduit à vitesse grand V… Mais pas seulement !

Produits en grand nombre, les embryons du zebrafish se développent hors de la femelle. En outre, ce poisson est transparent dans les premiers stades de son développement, et peut être rendu transparent à l’âge adulte via une mutation génétique. Plus besoin alors de chirurgie ou d’intrusion pour voir ce qui se passe à l’intérieur. Le fait de pouvoir suivre et analyser la trajectoire et le devenir de cellules souches, de virus ou même de toxines est donc chose possible, alors que c’est inenvisageable chez l’humain ou la souris. Tout un tas de processus fondamentaux ou comportementaux sont ainsi à l’étude chez le zebrafish, et ce à l’échelle de l’organisme, à l’échelle cellulaire et même moléculaire.

A l’heure actuelle, le poisson zèbre est aussi bien étudié dans le cadre de recherches fondamentales, notamment en biologie du développement, que dans la recherche appliquée. Neurosciences, immunologie, cancérologie, toxicologie et même génétique : les domaines de recherche pouvant utiliser ce modèle sont nombreux. Entre 70 et 85% des gènes de l’Homme ont un équivalent chez le poisson zèbre. De nombreuses maladies humaines peuvent donc être étudiée sur le zebrafish.

Enfin, il faut souligner que la réglementation est aussi plus souple sur ce modèle. Les larves du zebrafish ne sont en effet considérées comme des animaux qu’à partir du moment où elles se nourrissent, c’est-à-dire au bout de 6 jours d’existence. Ce qui laisse une fenêtre intéressante aux scientifiques pour les étudier sans restriction.

Notons cependant que si ce modèle se développe beaucoup, il ne remplace pas encore la recherche sur les rongeurs en aval. Car le poisson zèbre n’est pas assez proche de nous pour que l’on puisse transposer directement les résultats obtenus sur ce poisson à des mammifères et à l’humain.

Hélène Bour

Pour en savoir plus :

https://irp.nih.gov/blog/post/2016/08/why-use-zebrafish-to-study-human-diseases

http://www.efor.fr/pages/organisms/?id=36

https://www.sciencedaily.com/releases/2016/11/161103142321.htm

http://www.ipubli.inserm.fr/bitstream/handle/10608/4405/MS_1991_6_553.pdf?sequence=1

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