Sida : la recherche avance à grands pas

lundi 24 octobre 2016
par  admin
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Pour rappel, le VIH, ou virus d’immunodéficience humaine, mène à terme au Sida, le syndrome d’immunodéficience acquise. Une fois que le Sida est installé, l’organisme est à la merci de nombreuses maladies et infections, car le virus est parvenu à mettre à mal le système immunitaire.

Donner un coup de pouce au système immunitaire

Des chercheurs des Instituts nationaux de santé (NIH) américains sont parvenu à induire une rémission durable chez des singes infectés par le VIS, le virus du Sida des singes. L’étude, publiée dans la revue Science , a été menée auprès de dix-huit macaques rhésus. Cinq semaines après l’infection, ces derniers ont d’abord reçu le traitement “classique”, à savoir des antirétroviraux (ART) qui empêchent le virus de se répliquer. Le virus présent dans certaines cellules immunitaires (les lymphocytes T4 ou CD4) n’est alors plus en mesure de coloniser de nouvelles cellules et disparaît du sang et du tractus digestif, mais le traitement doit être pris à vie, sans quoi l’infection reprend.

Soucieux de trouver une solution durable et moins contraignante pour le patient, les chercheurs ont tenté une approche complémentaire. Après le traitement par antirétroviraux, ils ont utilisé un anticorps, le Vedolizumab, déjà prescrit pour traiter des maladies inflammatoires du système digestif comme la maladie de Crohn. Dans cette indication, l’anticorps a pour effet de “calmer” le système immunitaire, en se plaçant sur un récepteur des lymphocytes T.

Un bénéfice qui subsiste 23 mois après

A l’arrêt du traitement ART, onze des dix-huit macaques ont donc reçu l’anticorps Vedolizumab pendant 6 mois, les sept autres recevant un placébo. Résultat : les animaux du groupe placébo ont vu leur charge virale (quantité de virus dans le sang) remonter en flèche en deux semaines. Chez les onze macaques traités par l’anticorps, trois ont développé une réaction immunitaire à l’anticorps, six ont vu les virus réapparaître puis disparaître définitivement, deux n’ont jamais vu réapparaître le virus. Et deux ans après, le VIS était toujours indétectable dans le sang et les tissus gastro-intestinaux des huit macaques. Au vu de ces résultats exceptionnels, des essais cliniques ont été mis en place chez l’Homme.

Pourquoi utiliser des primates dans la recherche sur le VIH ?

Si le VIH n’existe pas à proprement parler chez les primates, ceux-ci ont cependant leur propre virus d’immunodéficience simienne, le VIS. Ce dernier entraîne une affection similaire au Sida. Le VIH comme le VIS s’attaquent tous deux aux lymphocytes T (CD4) du système immunitaire, qui jouent un rôle clé dans la défense de l’organisme. En revanche, le VIS évolue plus vite que le VIH vers le Sida, en quelques mois seulement contre plusieurs années chez l’Homme. Aussi les primates non-humains constituent-ils un bon modèle dans la recherche contre le VIH, car ils permettent d’observer rapidement les effets des traitements et la propagation de l’infection, et ce à l’échelle d’un individu. C’est d’ailleurs sur des primates qu’ont été testés et mis au point les traitements antirétroviraux prescrits actuellement. C’est aussi grâce à des analyses sur les primates que l’origine de toutes les souches du VIH a été découverte . De nombreuses recherches menée sur des primates sont en cours dans le but de mettre au point un vaccin contre le VIH et de nouveaux traitements .

Hélène Bour

En savoir plus :

https://www.sciencealert.com/a-new-antibody-therapy-appears-to-have-permanently-blocked-hiv-infection-in-monkeys

https://www.pasteur.fr/fr/institut-pasteur/espace-presse/documents-presse/la-recherche-sur-le-vihsida-l-institut-pasteur/la-recherche-sur-le-vihsida-l-institut-pasteur

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