Les organoïdes, ces remplaçants issus de l’intérieur…

jeudi 2 mars 2017
par  admin
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<https://www.recherche-animale.org/s...>

Depuis les débuts de la biologie cellulaire et l’invention de la boite de Pétri les cellules prélevées sont déposées dans des boites et entretenues dans un milieu liquide composé de différents éléments et enrichi en oxygène. Ce milieu permet leur développement et multiplication en une couche plane. En y ajoutant un gel, il est possible d’obtenir des cultures tridimensionnelles. Les cellules s’organisent en « grappe », reproduisant ainsi in vitro la structure et l’anatomie d’un organe en modèle réduit, d’où le nom d’organoïde. Il en existe de différents types : intestinal, pancréatique, épithélial…

Une révolution scientifique

https://science.sciencemag.org/cont... <https://www.recherche-animale.org/s...> Ces organoïdes sont de remarquables outils pour la recherche. Ils permettent d’étudier les interactions cellulaires, la micro-organisation du tissu et ses réactions aux modifications de l’environnement. Il est également possible de générer des organoïdes à partir de biopsie ou de tissus provenant de patients atteints de maladies génétiques. Ces structures se conservent et se multiplient quasiment à l’infini, permettant aux chercheurs de nombreuses expériences à partir d’un même tissu. Dans le domaine médical, les effets d’un traitement peuvent être évalués sur un modèle beaucoup plus proche d’un être vivant qu’une culture cellulaire monocouche.

Les organoïdes sont en plein développement. Ils seront sans doute l’un des enjeux majeurs de la recherche du 21ème siècle mais ils soulèvent également des questions d’éthique .

Des questions éthiques

Un organoïde se développe à partir de cellules souches. Si elles ont été prélevées sur un patient, à qui appartient l’organoïde ? Les chercheurs peuvent-ils l’utiliser à d’autres fins que thérapeutique, pour tester des produits, pour servir à d’autres patients… Doit-on faire signer une décharge au patient pour utiliser ses cellules comme cela se fait pour le don du sang ? Des cellules souches embryonnaires peuvent également être utilisées. Faut-il et comment encadrer l’origine et les conditions de prélèvement et d’utilisation de ces cellules ?

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Ces progrès vont également alimenter le débat sur l’utilisation d’animaux en recherche : doit-on remplacer l’expérimentation animale par des essais sur organoïdes ? Sans doute pas encore, car il y a des limites à la pertinence et à la prédictivité de ces modèles. Un organe fonctionnel dans un organisme n’est pas simplement un groupe de cellules isolé. Il est innervé par des neurones, alimenté en oxygène, nutriments et hormones par un système vasculaire. Ces échanges influencent le fonctionnement de l’organe et ne peuvent être simulé in vitro.

Aussi, même si le débat sur l’expérimentation animale est réactualisé par ces découvertes, on ne peut pas encore proposer que l’organoïde remplace l’animal qui reste un incontournable soutien à la médecine.

Thierry Battmann

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