Percer les mystères du microbiote pour mieux soigner

lundi 31 octobre 2016
par  admin
popularité : 35%

<https://www.recherche-animale.org/s...>

On appelle microbiote intestinal l’ensemble des bactéries, virus et champignons qui colonisent notre système digestif, principalement l’intestin grêle et le côlon. Loin d’être néfastes, ces micro-organismes vivent en harmonie avec notre corps, et ce depuis notre naissance. Mais en plus de nous aider à digérer certains nutriments, notre microbiote jouerait un grand rôle dans notre immunité, notre métabolisme ou encore notre santé psychique.

Un lien microbiote-cerveau à l’étude

On nomme ainsi psychobiotiques les probiotiques (bactéries qui améliorent le fonctionnement intestinal) ou prébiotiques (nutriments qui favorisent le développement et le maintien du microbiote) qui ont un effet sur le psychisme, à savoir sur la santé mentale, le réseau neuronal etc. Des recherches en cours sur des souris tendent ainsi à montrer que le microbiote intestinal influencerait nos humeurs, nos émotions, notre réaction au stress et même le fonctionnement de nos neurones, en communiquant avec le cerveau via le nerf vague, le réseau sanguin ou encore le système immunitaire. Les souris privées de microbiote (on parle de souris axéniques) auraient ainsi, par exemple, une plus grande sensibilité au stress et à la dépression. La recherche sur les rongeurs dans ce domaine pourrait mener à de nouveaux traitements contre les maladies mentales (dépression, anxiété), neurodégénératives (Alzheimer, Parkinson) ou même l’autisme.

Un microbiote intestinal qui influence notre immunité

Le microbiote intestinal joue également un rôle dans l’immunité. Des recherches menées sur des souris axéniques ont montré que la progéniture était moins bien protégée contre des pathogènes et avait un système immunitaire bien moins efficace. A l’inverse, chez une souris pourvue d’un microbiote, il y aurait passage des bactéries intestinales de la mère à l’enfant via le placenta et via le lait maternel après la naissance, ce qui favoriserait le développement de l’immunité. De quoi donner lieu à de nouvelles applications thérapeutiques, notamment dans la prise en charge des allergies de l’enfant.

Le microbiote est aussi porteur d’espoir dans le domaine de l’immunothérapie contre le cancer . Il influerait en effet sur la réponse du malade au traitement d’immunothérapie. A l’heure actuelle, seuls 10 à 40 % des malades voient le traitement fonctionner. A l’Institut Curie , des chercheurs s’attèlent ainsi à identifier quel type de microbiote stimule ou inhibe l’effet des immunothérapies sur des modèles animaux atteints de cancer du sein.

Enfin, il est aujourd’hui clairement établi qu’un microbiote pauvre et peu diversifié augmente le risque de maladies métaboliques (obésité, diabète de type 2). En revanche, le fait de changer d’alimentation sur le long terme, en adoptant un régime plus diversifié, a des effets bénéfiques sur le microbiote. Ces résultats ont eux-aussi été obtenus grâce à des études menées sur des souris (des exemples d’études ici ou ).

Hélène Bour

En savoir plus :

https://www.inserm.fr/information-en-sante/dossiers-information/microbiote-intestinal-flore-intestinale

https://cordis.europa.eu/project/rcn/188094/brief/fr

Santé Find us on Twitter